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Le BTP, un secteur de haut vol

Publié le par Le blog des cadres du BTP

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 L'histoire débute comme dans une nouvelle d'Edgar Poe. En Bosnie, il y a quelques jours, un paysan s'apprêtant à traverser un pont découvre, au petit matin et à sa grande stupeur, la disparition de la structure. 12 mètres de ferraille envolés, évaporés d'un coup, voilà de quoi faire fondre n'importe quel nerf d'acier. 

Mais de Poe, l'as de la désosse n'en a eu que peu. Il a été rapidement appréhendé par la maréchaussée bosnienne qui a découvert, à son domicile, le pont coupé en deux...

Le cambrioleur espérait revendre le métal à 20 centimes le kilo. Il prendra surement plus cher en prison. Cette opération fut particulièrement spectaculaire, mais il n'y a pas qu'en Bosnie qu'on découpe et vole à tout va sur les chantiers. La France est également particulièrement touchée par le phénomène.

Selon une étude menée par la Fédération Française du Bâtiment en 2008 (c'est ancien, mais la situation ne s'est pas franchement améliorée...), les déclarations de vol sur les chantiers de construction représenteraient chaque année de 1 à 2 milliards d’euros. Ce pillage représente 1 à 2% du chiffre d’affaires annuel du secteur. Toujours selon l'étude, une entreprise sur deux a été victime d’au moins un vol significatif de plus de 10000  euros dans l’année.

L'inventaire de tout ce qui est volé sur les chantiers donnerait le tournis à Prévert lui-même : engins de chantier (pelleteuses, tractopelles, niveleuses, grues), camions, voitures, outils, matériaux (métaux dont le cuivre, ciment, carrelage), éléments de construction (coffrets électriques, portes, fenêtres, serrures), tout est bon dans béton (surtout si on laisse les clés sur les engins de chantier comme cela semble être trop souvent le cas). Car ne nous y trompons pas : l'effraction est l'exception. Les deux tiers des vols constatés sont le fait de particulier, ni embêtés, ni empêchés et qui trouvent "normal" de se servir sur un chantier dès lors que tout est à la vue de tous sans protection spécifique.

Le pire cependant dans cette affaire nous est rapporté par le site info.expopprotection.com : "Combien coûte un vol? Voici un simple exemple avec le câble d’une grue. Selon une étude de l’Aorif, ce vol peut entraîner une perte de 20000  euros pour l’entreprise victime alors que le voleur n’en tirera qu’un bénéfice moyen de 600  euros! En effet, le remplacement du câble revient à 6000  euros. De son côté, la mise à l’arrêt du chantier pendant deux jours coûte, quant à elle, 8000  euros. Il faut aussi compter 1000  euros pour la validation du nouveau fonctionnement de la grue par un organisme certificateur et 5000  euros pour la pénalité de retard et la mise en place d’un gardiennage".

La solution exposée dans ce papier, serait de faire appel à des marqueurs, et à l'ADN moléculaire, pour pouvoir suivre le matériel dérobé. Les fondus de la fauche ont peut-être des soucis à se faire...

 Image: www.dijonscope.com

 

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Le BTP et la question des travailleurs étrangers

Publié le par Le blog des cadres du BTP

prestation228Chassez le plombier polonais, il revient aux travaux. On ne sait pas si la Fédération Francaise du Bâtiment (FFB) va apprécier le slogan, mais voilà en tout cas une histoire qui va faire causer dans le milieu du BTP. C'est le site humanité.fr qui a lancé l'info hier : un site web proposerait aux professionnels français de la construction et du bâtiment de leur mettre à disposition des ouvriers polonais pour leurs chantiers. 

"Gagnez du temps tout en réduisant vos coûts! Nous disposons pour vous de travailleurs polonais, compétents et fiables pour réaliser vos chantiers en sous-traitance en France". Le message de la société AAA companie (subtil, le triple A...) est on ne peut plus clair : avec l'ouvrier polonais, on ne plombe plus ses finances.

L'entreprise polonaise promet même d'assurer le SAV en déchargeant les boîtes françaises des démarches administratives. Mouais... Comme le souligne justement l'article à la fin : "l’entreprise doit respecter la réglementation française du travail, notamment en matière de rémunérations minimales et d’horaires de travail". Cela ne semble pas gagné.

Cette histoire nous rappelle les propos tenus il y a quelque mois par Cécile Duflot, la ministre du logement. Alors qu'elle annonçait ses ambitions (construction de près de 500 000 logements neufs par an), la ministre avait insisté sur le caractère "non délocalisable" de l'activité. C'est sûr, on n'ira pas (encore ?) construire des immeubles en Chine pour les ramener en bateau...

Néanmoins, les chiffres actuels montrent que la proportion de travailleurs étrangers dans le BTP est en progression (20 % pour l'INSEE et 30 à 40 % pour les syndicats. Source Marianne.) Et il n'y a là aucun scandale, puisque pour 65 % des entrepreneurs (Source Le Moniteur), cet apport est nécessaire.

Du coup, faut-il crier aux loups dans l'affaire polonaise, puisque même Bouygues fait appel aux travailleurs de l'est ? La vraie question est sans doute de savoir si la main d'oeuvre est disponible en France. Lorsqu'on sait que la FFB, par l'intermédiaire du président Ridoret, annonce régulièrement des dizaines de milliers de licenciements dans le secteur, on peut se poser la question.

 

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La fonction publique paie mieux que le privé

Publié le par Le blog des cadres du BTP

Il y a des sujets comme ça, dont on sait que leur seule évocation va attiser les colères matinales et rancoeurs en tout genre. Parce qu'ils se découpent à la hache de guerre, on les appelle sujets qui fâchent : Doit-on manger la peau du saucisson ? Valbuena est-il un footballeur ou un culbuto en maillot ? L'existentialisme est-il un humanisme ?Atlantis-RH est-il le meilleur cabinet de recrutement dans le BTP ? (heu non, là tout le monde est d'accord, n'est ce pas ?)... La liste est longue.

Mais ce matin, on va mettre le doigt sur ce qui se fait de mieux dans le genre depuis la séparation de l'Etat et de l'Eglise. Oui, en ces heures encore douces, nous allons évoquer la différence de salaires entre le secteur public et le privé. Ouch ! On vous avait prévenu...

Les chiffres sont tombés par l'effet d'un lourd pavé de 191 pages : Le rapport sur l'état de la Fonction publique et les rémunérations pour 2013 

On vous évitera l'épluchage intempestif du document, tout ce qui nous intéresse se situe page 116. Et qu'y découvre-t-on ? Que la fonction publique paie globalement mieux que le privé. En 2010, le salaire moyen net mensuel, primes comprises, était de 2 459 euros dans le public contre 2 082 euros pour un salarié du privé. Et l'écart se creuse depuis quelques années...

Il y a plusieurs raisons à cela : en proportion, il y a davantage de cadres dans le public que dans le privé, donc leurs rémunérations globales sont supérieures à celles du privé. Les hausses automatiques à l'ancienneté dans la fonction publique participent également au phénomène, alors que les entreprises sont plus hésitantes à augmenter leurs ouailles par les temps qui courent. Enfin, des hausses de salaires ont été consenties dans la fonction publique, avec notamment la création d'un système de "garantie individuelle du pouvoir d'achat".

Alors, une bonne raison pour devenir fonctionnaire ? A lire ce rapport de l'Ifrap, qui cogne fort, le choix serait vite fait. Temps de travail, absentéisme, retraite, tout est à l'avantage du secteur public. Rappelons cependant que la soumission hiérarchique et et les perspectives d'avancement très aléatoires peuvent rendre bien moins débonnaire l'heureux fonctionnaire. En plus, il faut avoir un vrai don pour le déguisement, alors...

 

 

 

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Workaholic ou roi fainéant ?

Publié le par Le blog des cadres du BTP

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Ce qu'il y a de merveilleux avec Internet, en plus de pouvoir payer ses impôts jusqu'à la toute dernière minute, c'est que l'on y trouve tout et son contraire, et vice versa.

On en a encore eu une magnifique démonstration aujourd'hui dans un secteur qui nous interpelle toujours, le rythme de travail.

A notre gauche, voici un papier évoquant, il y a quelques mois, le workaholism. Conclusion du spécialiste : "Les personnes dépendantes au travail sont stimulées par le challenge professionnel, et leurs performances renforcent un sentiment de bien-être. (...) il serait préférable de laisser à l'employé le choix de décider de la quantité de travail qu'il souhaite accomplir".

A notre droite, la contribution d'une spécialiste de la formation qui nous enjoint à modérer ardeurs et labeurs pour embrasser la paresse constructive : "Il ne s'agit pas de fainéantise mais d'une paresse intelligente afin de ne faire que le " juste-nécessaire ". L'idée consiste à prendre du recul dans un temps d'oisiveté choisi puis à se simplifier la vie en se débarrassant de l'encombrant". Bouddha ne l'aurait pas mieux dit. Le développement en 7 points est intéressant, mais ce que l'on note d'emblée, c'est tout l'effort de réflexion personnelle que cela engendre. Dans notre monde professionnel, on n'est plus vraiment habitué à cela, non ? Se détacher des tâches répétitives, automatiques, pour rentrer dans l'analyse, voilà une vraie prouesse.

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 Workaholic ou rois fainéants, tous se rejoignent cependant pour souligner que tout va bien dans leur boulot. Près de neuf salariés sur dix, soit 86% d'entre eux, estiment que leurs conditions de travail sont bonnes, selon un sondage de l'Agence nationale pour l'amélioration des conditions de travail (Anact).

Et ces chiffres nous chiffonnent une nouvelle fois lorsqu’on les met en parallèle avec ce papier de 20 minutes qui dénote un malaise latent au boulot, surtout chez les Parisiens (oui, oui, les mêmes qui songent à l'exil provincial...) : "71 % d'entre eux se plaignent de fatigue nerveuse (69 % au niveau national), 67 % ont l'impression d'avoir un travail haché (contre 64 %) et 42 % n'arrivent pas à gérer les priorités (contre 35 %)".

On vous le disait, Internet, tout et son contraire, et vice versa.

Crédits photos :

http://aashishsood.blogspot.fr

http://anarchrisme.blog.free.fr


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Le CV est mort, vive le Klout ?

Publié le par Le blog des cadres du BTP

Peut-on encore vivre sans réseaux sociaux dans notre monde ultra connecté ? Vous avez trois heures…

Si jamais les étudiants de France planchent un jour sur cette interrogation moderne, qu’ils n’aillent pas chercher trop loin leur argumentation : ne pas entrer dans la grande danse des réseaux est déraisonnable, voire périlleux. Surtout si on cherche du boulot.

C’est ce que nous raconte ce papier du site challenges.fr, qui a notamment questionné un responsable français de San Francisco sur le sujet. Réponse en 140  signes : "Dans la Silicon Valley aujourd'hui, quand une personne cherche un emploi, elle envoie son compte Twitter. Les entreprises ne demandent plus de CV papier".

D’où l’on reparle de la mort du CV et de son chant du signe qui a tant fait turluter la toile. Si cette tendance se confirme aux Etats-Unis, nul doute que l'on y passera aussi. Et entre nous, on préfère encore succomber à celle-là plutôt qu'à celle-ci...

 

Il est intéressant de constater d'ailleurs que les candidats ne sont pas les seules victimes de cette abomination numérique. "Près de la moitié des postulants à une offre d'embauche affirment avoir déjà renoncé à présenter leur candidature après avoir lu sur internet des informations négatives sur l'entreprise". Il y a donc une justice en ce bas monde.

Bon, nous n'allons pas vous refaire un énième papier sur les bienfaits des différents réseaux sociaux. La toile en est inondée. Non, ce qui nous a intéressé dans l'article de challenges.fr, et que l'on ne connaissait que vaguement, c'est le Klout, cet indicateur de notoriété sur les réseaux sociaux qui pourrait, à terme, devenir un vrai critère d'embauche. Et bien oui : si votre score (compris entre 1 et 100) est élevé, cela indique que vous avez une vie active sur Internet et que les gens suivent et s'intéressent à ce que vous publiez. Gros klout égale influence, vous devenez beaucoup plus attractif aux yeux d'un employeur. Le monde vous appartient... Quechua a déjà utilisé la méthode, mais il est vrai que c'était pour recruter un stagiaire community manager. La méthode devrait montrer ses limites pour les économistes de la construction. 

Bon, on a tout de même fait le test, histoire de savoir si on était dans les Klout. Résulat : 48. Cela semble pas mal mais à notre avis, cela ne signifie qu'une seule chose : que l'on passe beaucoup trop de temps sur les réseaux sociaux. Et le vôtre, il mesure combien ?

 

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La France, entre choc de compétitivité et choc de confiance

Publié le par Le blog des cadres du BTP

choc-titans.jpgAlors choc ou pas choc ? Plus radical que le choc des civilisations, plus réconfortant qu'un choc thermique, on attendait le choc de compétitivité, évoqué par le gouvernement Ayrault, invoqué par le MEDEF et qui allait tout emporter sur son passage. Oui, on allait voir ce qu'on allait voir et le marché irait bientôt chercher la croissance avec allant. Mais hier, le premier ministre a écrasé la frein et sorti le pare-chocs : il ne faut plus parler de "choc de compétitivité", mais de "trajectoire de compétitivité", comme lu dans le Figaro, ou de choc de confiance.

Grosso modo, il n'est plus question de baisser le coût du travail pour améliorer la compétitivité des boîtes françaises, mais plutôt de rechercher "une meilleure intégration entre la recherche et les entreprises, une simplification des normes, un financement plus efficace des PME et des exportations ou encore une accélération de la modernisation de l'État." C'est surtout à l'innovation que pousse aujourd'hui le gouvernement, manière de mettre la pression sur des patrons qui se seraient un peu trop reposer sur leurs lauriers. 

Du coup, cela risque de souffler fort dans les branches de l'économie. Le patronat espérait entre 30 et 50 milliards d'euros de baisses de charges supportées par les entreprises. L'idée étant de reporter cette somme sur la TVA et sur la CSG. Evidemment, pour le gouvernement socialiste, cette double peine infligée aux ménages était difficilement défendable.

On voit d'ici le combat qui s'annonce entre un gouvernement qui va inciter les entreprises à évoluer afin de rattraper le voisin allemand (car oui, tout ceci, c'est encore la faute des Germains qui font tout mieux que nous) et le patronat qui ne manquera pas de fustiger l'Etat dépensier qui ferait mieux de faire des économies au lieu de faire la leçon au monde économique. D'ailleurs, les récentes annonce de créations d'emploi dans les entreprises publiques pourrait faire enrager le Medef, même si à y regarder de plus près, on constate que ces embauches endiguent à peine, et parfois pas du tout, la vague de départs à la retraite qui s'annonce.

Bref, c'est un nouvel épisode du choc des culture (qui a dit cannabis ?) qui s'annonce.

En tout cas, s'il est un secteur qui a bien besoin d'un choc de confiance, ce sont les PME du BTP. Selon un papier du moniteur, c'est la Bérézina bancaire, sans ouverture à l'emprunt russe.  D’après un baromètre IFOP, «32% des dirigeants de PME estiment que la situation économique a des impacts négatifs importants sur les conditions d’accès aux crédits». Et le BTP se distingue puisque la proportion des "pessimistes" passe à 41 %. Si l’on regarde du côté des trésoreries, même tendance : quand la proportion de PME rencontrant des difficultés importantes pour obtenir des financements bancaires pour leur trésorerie est de 24%, elle passe à 32% dans le BTP. Et les choses ne vont pas en s’arrangeant puisque 76% des dirigeants du BTP interrogés estiment que les banquiers ont durci leurs conditions de financement.

Il n'y pas à dire, le capitaine Ayrault va devoir choquer ferme pour se maintenir à flot.

 

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Le BTP français appelé à la rescousse en Algérie ?

Publié le par Le blog des cadres du BTP

arton2225.jpgL'Histoire offre parfois de curieux détours...

Depuis 10 ans, les entreprises chinoises ont conquis l'Afrique en s'imposant, notamment, comme l'interlocuteur privilégié en matière de BTP. Prenez les constructions d'infrastructures énergétiques (gazoducs, raffineries, barrages) ou de transport (routes, chemins de fer, ports et aéroports), elles sont quasi toutes l'oeuvre des entreprises chinoises. Selon la Banque mondiale, ces dernières détenaient près de 40 % de part de marché d'un secteur estimé à près de 20 milliards d'euros en 2009 (dernier chiffre disponible). (Source Jeune Afrique)

La Chine était partout, qui via le système dit de "la modalité angolaise", finançait des projets d'infrastructures, réalisés par des groupes chinois, en échange d'une garantie d'accès aux nombreuses matières premières africaines. L'Europe faisait grise mine, tendance couleur béton. Ses grands groupes ne pouvaient que miser sur le qualitatif et les technologies de pointe pour exister face au géant jaune.

Oui mais voilà, le bel édifice chinois bâti en une décennie vient de voir apparaître sa première fissure qui redistribuera peut-être les cartes aux profit des Occidentaux, et donc des Français, si ces derniers veulent entrer dans le jeu. Et c'est d'Algérie que le vent de la révolte souffle fort. L'Histoire, on vous disait.

C'est la Tribune qui, d'Alger, s'en est fait l'écho : " Alger n'est pas satisfait du travail des groupes chinois dans le bâtiment et veut attirer des entreprises européennes, notamment françaises et espagnoles ". Les raisons ? Des problèmes de délais et une qualité de finition pas haute définition qui pourrait poser problèmes dans un pays soumis aux aléas sismiques. Et puis, il y a ces échanges d'amabilités réguliers entre Algériens et Chinois qui ont parfois du mal à cohabiter ensemble. Ce n'est pas le projet de la nouvelle mosquée d'Alger, confié aux entreprises chinoises et pour lequel Pékin va faire appel à 10 000 Chinois (pour 7000 algériens), qui va arranger les choses...

Cela signifie-t-il pour autant que la France va signer son grand retour ? Rien n'est moins sûr. Comme le rappelle la Tribune par l'intermédiaire d'une source française : "Tout dépendra des prix et des spécifications techniques".

En tout cas, la France, et l'Europe, du BTP qui entamerait leur reconquête africaine en Algérie, il faut avouer que ce serait cocasse.  





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Les Parisiens et l'exil provincial

Publié le par Le blog des cadres du BTP

C’est vendredi, et en attendant le week-end derrière lequel elle court depuis 5 jours, la France affiche son sourire de fin de semaine. Toute la France ? Non, car un (gros) village résiste encore et toujours au bonheur venusien, comme chaque autre jour d'ailleurs. Ce matin, en effet, la moitié des Parisiens tirent la tronche. la raison ? Ils veulent faire leurs valises et quitter la capitale.

On l'a lu hier : selon un sondage CSA, 54% des Franciliens envisagent de quitter Paris, et 19% en sont même « certains ». En ce moment, dans leurs voitures, le métro, il y a donc près de 6 millions de Franciliens qui rêvent d'un nouveau départ en province.

Mais que cherchent à fuir les gens de la capitale en quittant Paris ? Pas leurs salaires en tout cas, puisqu'ils sont en moyenne 20 % supérieurs au reste de la France (même s'il convient de pondérer ce rapport puisque Paris regroupe un nombre de fonctions encadrantes bien plus élevé qu'en province). Non, ce qui les pousse à songer à l'exil ce sont, pêle-mêle : les prix exorbitants de l’immobilier (à 8500 le m2, cela se comprend), l’agitation et le stress, l’agressivité des Parisiens ou encore le temps passé dans les transport (les Parisiens y consacrent en moyenne 1h25 par jour contre un peu plus d'une heure en province).

En mettant cap à l'ouest-nord-est-sud, les Franciliens veulent, ce n'est pas un luxe, du calme et de la propriété. Ils savent également où ils souhaitent s'installer, et ce n'est ni à Chateauroux, ni à Valenciennes, ni à Tulle (Paris, Paris, on tente Tulle ?) ni dans la banlieue de Mulhouse. En premier lieu, c’est la région PACA qui attire le plus, suivies par la Bretagne et ses chapeaux ronds et l’Aquitaine, de préférence dans des villes, petites ou moyennes.

Mais pour effectuer le grand saut, il leur faudra, même sans métro, trouver du boulot. Voilà pourquoi, sans attendre que la Providence vous ramène en Provence, ou ailleurs, le Blog des Cadres du BTP vous offre, amis parisiens, des tas d'opportunités d'accomplir votre vieux rêve.

Paca vous intéresse, voici nos offres d'emploi.

Pour la Bretagne et son chouchen, c'est ici.

Pour l'Aquitaine, c'est par là.



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CDD et intérim ont un contrat sur leurs têtes

Publié le par Le blog des cadres du BTP

tueur_a_gage.jpgCa sent le Sapin pour le BTP. Ok, elle est facile, mais c'est bien un problème épineux auquel va se trouver confronté le secteur. La raison : l'augmentation souhaitée par le ministre du travail du montant des taxes sur les CDD et l'intérim afin de lutter contre la précarité sur le marché de l'emploi. Plus précisément, l'idée serait d'augmenter les cotisations chômage sur les contrats à durée déterminée et, quitte à filer la métaphore, d'élaguer celles sur les contrats à durée indéterminée. Le CDI redeviendrait la norme "normale", du nom d'un épithète entêtant ces temps-ci.

CDD et intérim, qui représentent aujourd'hui 80% des recrutements en entreprise, ont du souci à se faire. Actuellement, les embauches en CDD sont à la mode dans tous les secteurs : 78,9% dans le tertiaire, 63,7% dans l'industrie et 53,3% dans la construction. Aujourd'hui, sur 100 intérimaires, 16 sont dans le BTP. Ce n'est pas rien.

Cette réforme va avoir un prix, qui pourrait être franchement dissuasif. Aucun chiffre officiel n'a encore été donné alors que les négociations sur la sécurisation de l'emploi reprennent ce jeudi. Néanmoins, certaines infos ont fuité côté syndicats. Actuellement, les contributions patronales à l'assurance-chômage sont définies par un taux uniforme égal à 4% de la portion de salaire brut dans la limite de 4 fois le plafond de la sécurité sociale. Côté CFE-CGC, on envisage donc une pénalité de 0,5% supplémentaire (soit 4,5% au total) pour sanctionner le recours au travail temporaire. La CGT, elle, évoque un taux de 8% pour les CDD et de 10% pour l'intérim (Source l'Express.fr). C'est ce que l'on appelle mettre le paquet.

Le patronat aura surement de nombreux arguments à opposer à ce projet. Tout d'abord, il y a les chiffres du CDI en France, dont le taux flirte toujours avec les 80 %. On n'est pas loin du contrat "normal". Les mêmes ajouteront sans doute que les CDD et autres missions d'intérim, en plus de servir de première variable d'ajustement en cas de retournement d'activité (donc de palliatif aux licenciements de CDI), finissent en grande majorité par être transformés en CDI. Où alors, ils ressortiront le CDI intermittent (le contrat destiné à pourvoir des postes spécifiques, en raison notamment d'une activité liée à une forte saisonnalité) de leur manche.

Côté syndicats, si on manque d'inspiration lors des passes d'armes qui s'annoncent, on pourra toujours ressortir cette histoire. 574 CDD en 19 ans, comme dirait l'autre, c'est une sacrée fidélité au Poste et une bonne raison de revoir le système.

 


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Les PPP font de la résistance

Publié le par Le blog des cadres du BTP

travaux-infraLes PPP font recauser dans les chaumières. Alors que l'on se demandait au lendemain de l'élection de François Hollande ce qu'il adviendrait des partenariats public-privé, ces modes de financement étalé sur 20, 25 ou 30 ans et qui coûtent souvent les yeux de la dette, il semble aujourd'hui que les socialistes aient jeter un voile pudique sur leurs récriminations.

Le système est toujours un brin pervers, les majors du BTP ramassent encore l'argent à l'appel d'offre et ce n'est pas l'épisode de l'hôpital de Corbeil-Essonnes qui va rassurer les foules : l'établissement a annoncé qu'il serait dans l'incapacité de payer son loyer de 46 millions d'euros à Eiffage. Aïe. Heureusement, la trève hivernale arrive bientôt. Les malades ne devraient pas se retrouver sur le trottoir. Conséquence de cette annonce : un décret oblige désormais l’Etat et les hôpitaux à étudier toutes les conséquences financières avant de signer un PPP. Au pays des transfusés, un peu de bon sens ne fait jamais de mal.

Pour autant, de nouveaux projets sortent encore sous label PPP. Le campus de Grenoble et deux prisons. Le gouvernement Ayrault a beau jeu de dire qu'il ne voulait pas plomber des projets bien avancés, cela lui simplifie drôlement la vie car les caisses sont vides.

Les PPP se retrouvent accuser de nombreux maux, mais dans une économie exsangue, il reste encore un moyen, peut-être le seul, de continuer à investir. La lecture de ce papier du monde.fr est à ce titre très éclairant. Aujourd'hui, de nombreux projets d'infrastructures sont menacés par la baisse des financements publics :

"selon un sondage TNS Sofres réalisé en septembre auprès d'un échantillon de 300 maires, 54 % d'entre eux envisagent de différer des projets d'équipement alors même que l'investissement local représente 70 % de l'investissement public".

LGV Rhin-Rhône, LGV Paris-Normandie, le ferroviaire notamment trimballe un wagon de sombres perspectives, n'étaient les trois partenariats public-privé signés avec les sociétés Vinci (Tours-Bordeaux), Eiffage (Bretagne-Pays de la Loire) et Bouygues (Nîmes-Montpellier) et qui eux verront tous le jour.

 De meilleurs systèmes de financement sont surement à trouver, mais pour éviter la paralysie qui guette, il est difficile aujourd'hui de ne pas aller vers les majors du BTP, les seules à meme de lever des fonds et d'assurer des opérations de (très) grande envergure. D'aileurs, pour les élus locaux qui assurent la majorité des financements publics, la question des PPP ne se pose pas. Selon un sondage réalisé en 2011 par l'IFOP, les trois quarts des élus de villes de plus de 10.000 habitants en avaient une bonne opinion...

 

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