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Retour aux origines de l'ingénieur

Publié le par Le blog des cadres du BTP

G17-StVincent.jpg

 

Un peu d'histoire n'est jamais inutile, on pourrait nommer cela le retour du jeudi, et un papier de Métro découvert ce matin nous a permis de remonter le temps, jusqu'aux origines du mot ingénieur.

 

Il serait ingénieux de penser que le nom ingénieur provient de l'épithète précédent, mais il n'en est rien, même si la racine latine est commune.

"Dérivé du mot "engin", le terme "ingénieur" est inventé au Moyen Age pour nommer un nouveau type d’experts capables de mettre au point de nouvelles techniques de guerre" rappelle ainsi l'article.

 

"A la Renaissance, il fallait des hommes possédant des savoirs techniques très élaborés, connaissant les mathématiques et le dessin pour créer de nouvelles fortifications en réponse à l’essor des canons et des armes à feu."

 

En gros, donc, l'ingénieur est à la base le NERD de la guerre, le spécialiste du genre. D'ailleurs, les premières définitions du terme ramènent toutes au camps de bataille :

 

1690 Dictionnaire de messire Antoine Furetière 

"Un officier qui sert à la guerre pour les attaques, défenses et fortifications"

 

1694 Dictionnaire de l'Académie Française

"Celui qui invente, qui trace et qui conduit des travaux et des ouvrages pour l'attaque ou pour la défenses des places."

 

1795 Encyclopédie Diderot d'Alembert

"Nous avons trois sortes d'ingénieurs,

les uns pour la guerre: ils doivent savoir tout ce qui concerne la construction, l'attaque et la défense des places.

Les seconds pour la marine, qui sont versés dans ce qui a rapport à la guerre et au service de mer.

Les troisièmes pour les ponts et chaussées, qui sont perpétuellement occupés à la perfection des grandes routes, de la construction des ponts, de l'embellissement des rues, de la conduite et réparation des canaux,etc".

 

Ah, voilà qu'enfin apparaissent les ingénieurs-architectes, prototype de l'ingénieur moderne, appelés à construire de nouveaux bâtiments, ponts et chaussées.

 

"C’est au XVIIIe siècle que le roi a décidé de créer des écoles militaires comme celle des Ponts et Chaussées pour former des ingénieurs aux grands aménagements du territoire".

 

Depuis, les ingénieurs ont tracé ponts et chemin pour devenir "des concepteurs qui utilisent la science pour construire et réaliser des dispositifs techniques".

 

C'est beau comme du Verlaine et cela devrait nourrir de nombreuses vocations.

 

Mais attention, car la fonction d'ingénieur est encore appelée à évoluer, comme le rappelait récemment Franck Debouck, le directeur de Centrale Lyon :

 

" Nous pensons que l’ingénieur de demain, celui qui sort d’une école de premier rang comme la nôtre (NDLR : Centrale Lyon est considérée comme la meilleure école post prépa en dehors de Paris) sera capable à la fois de maîtriser deux grands domaines d’ingénierie et d’être, de plus en plus, ouvert sur le monde".

 

Mais cela ne doit pas vous effrayer, futurs candidats-ingénieurs. Car rappelez-vous qu'à la base, vous êtes tous des machines de guerre !

 

Source Métro

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Une grande roue au dessus des dunes et Foster décroche la lune

Publié le par Le blog des cadres du BTP

C’est bien connu, on n’arrête pas le progrès triomphant, même si parfois l’on en vient à se demander si un bon coup de frein ne serait pas des plus utiles.

Pourquoi sommes nous ainsi quatre fers en l’air ? Tout simplement parce que l’on vient de découvrir le dernier projet en provenance de Dubaï : la construction de la plus grande roue du monde, sur une île artificielle...

Le futur rond géant, dénommée les « Yeux du Dubaï », atteindra 210 mètres (le London Eye de Londres fait désormais figure de petit borgne avec ses 135 m tout comme l'actuelle détentrice du record, la roue Singapore Flyer, 165 m), et sera inauguré en 2015. Avec ses 600 m de circonférence, à deux à l'heure, cela laissera du temps pour observer le désert...

grande-roue.jpg

Notez, ce n’est pas que l’on trouve cela inintéressant, loin de là. Lorsque l’on voit les maquettes, on peut s’émouvoir devant tant d’ambitions et, quelque part, de beauté. Et au passage, on salue le génie des ingénieurs.

Néanmoins, après la plus haute tour, le plus haut jet d’eau, la plus grande « grande roue », on se demande bien où cette course s’arrêtera dans les émirats ? Bientôt le plus grand feu tricolore à Dubaï, ou l’antenne la plus parabolique ?

Bon, on ne voudrait surtout pas passer pour les ronchons de service, d’autant qu’il nous arrive également d’être totalement émerveillé. Regardez le dernier projet du britannique Norman Foster, qui vise beaucoup plus haut. Le célèbre architecte vient de présenter ses plans… d’habitat sur la lune.

Le projet a été établi en collaboration avec l’Agence spatiale européenne (ESA), que l'on avait connu beaucoup plus lunatique au moment de s'intéresser à la conquête spatiale.

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Foster a réfléchi au moyen d’établir une base lunaire qui pourra accueillir quatre astronautes. Et pas besoin de faire appel aux filles d’Ariane pour transporter les parpaings tout là-haut. L’idée est de transformer le sol lunaire en matériau de construction, en superposant les couches, afin de prémunir les futures structures gonflables, qui feront office de bâtiment, des météorites, rayons gamma et autres fluctuations de températures élevées.

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Avec la technologie actuelle, il faudrait moins de deux semaines pour construire un bâtiment complet.

Et on ne peut s'empêcher que ce projet sera un pas bien plus immense pour l'humanité que l'édification de la grande roue émirate...

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Face au CDI flexible, les cadres sont inflexibles

Publié le par Le blog des cadres du BTP

contrats.jpgLa flexibilité de l’emploi ne fait pas l’unanimité chez les cadres.

Alors que la loi sur la sécurisation de l'emploi, qui instaure une plus grande flexibilité pour les entreprises, sera présentée en Conseil des ministres le 6 mars, un sondage Ifop-Cadremploi publié aujourd’hui nous apprend que 65 % des cadres refusent l’idée de faire évoluer leur CDI dans ce sens.

A l’inverse, ils sont 70 % à estimer qu’une plus grande flexibilité faciliterait les recrutements, les cadres du BTP étant même les plus enthousiastes, à 77 %.

Les cadres seraient-ils des NIMBY comme les autres ?

Bon, l’inquiétude peut sembler légitime car on parle bien ici de remettre en cause certains principes qui guident les relations contractuelles depuis des années en France.

Concrètement, les nouveaux CDI seront (contentons nous de « seraient » pour l’instant) plus souples. Dans les études menées par l’Institut Montaigne sur le sujet, il est notamment question de créer un nouveau motif de licenciement : la "réalisation de l'objet initial défini" (par exemple, la fin d'un chantier ou la fin d'un congé maladie d'un salarié).

En contrepartie, car il en faut bien, l'employeur devra proposer des reclassements en interne et entamer une procédure de licenciement (et donc verser des indemnités). Pour éviter les abus, un délai de carence sera aussi imposé entre deux CDI successifs sur un même poste, comme pour les CDD actuels.

Autre proposition : l'employeur pourrait modifier unilatéralement le contrat de travail de son salarié. Mais là aussi, des limites seraient instaurées : les clauses de rupture seront définies d'un commun accord avec le salarié lors de la signature de son contrat d'embauche. Cela promet de belles joutes et peut-être même une multiplication de conflits... 

Les conventions collectives et les accords de branche devront par ailleurs définir les éléments qui ne peuvent être modifiés (rémunération, fonctions) sans l'aval de l'employé.

Ce ne serait plus une simple évolution, mais bien une révolution, sire.

Et vous, vous en pensez-quoi ?

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Quelles perspectives pour les cadres en 2013 ?

Publié le par Le blog des cadres du BTP

 

prestation228Que réserve l'année 2013 pour les cadres ? L'APEC s'est penchée sur la question et les conclusions sont (presque) rassurantes : dans ce monde où tout va de travers, les cadres restent droit. Enfin presque.

 

Cette année, les entreprises françaises devraient recruter entre 162 000 et 178 000 cadres, soit une baisse d'environ 5 % par rapport à 2012. Dans le contexte actuel, c'est un moindre mal, mais cette performance s'explique facilement : il y a de plus en plus de cadres sur le marché (tertiarisation de l'économie) et ce n'est pas près de s'arrêter : d'ici 2020, sur les 1,5 millions d'emplois créés, 550 000 devraient être des postes de cadre.

 

Petite parenthèse : sont considérés comme cadre ici les salariés qui cotisent à l'AGIRC, la complémentaire retraite des cadres, laquelle précise dans ces conditions d'affiliation que " la qualité de cadre est indépendante de la rémunération perçue, du coefficient hiérarchique de fonction ou de l’indice de salaire. Elle résulte des fonctions exercées et non des titres et diplômes". On ne reviendra pas sur le sujet déjà abordé il y a peu de temps ici, mais cette définition souvent serinée est un peu surannée.

 

Bref.

 

Tout ne va pas si mal donc, sauf pour ce qui nous concerne ici, le domaine de la construction. Alors que les cadres de l'informatique par exemple s'en sortent la tête haute (+ 14 %), leurs coreligionnaires tendance construction n'auront que les cieux pour pleurer : la chute des embauches pourraient atteindre les 24 %. Il va falloir faire le pont rond, ou tout autre ouvrage d'art à votre guise.

 

Et si vous avez le malheur d'être en plus un jeune diplômé, là, vous êtes de vrais cumulards : les embauches des cadres débutants devraient reculer de 10 à 25 %. Un conseil : lancez-vous en politique ! 

En revanche, si vous etes un cadre avec 5 ans d'expérience, le monde est à vous. Enfin, juste un hémisphère : les cadres confirmés pourraient représenter près de 50 % des recrutements.

 

D'ailleurs, que vous soyez jeunes ou confirmés, les opportunités seront toujours là. Mieux, elles sont déjà ici !

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Ingénieurs : la pénurie guette

Publié le par Le blog des cadres du BTP

diplomeLa France va-t-elle manquer d’ingénieurs ? On en parle régulièrement, il faudrait 10 000 ingénieurs diplômés supplémentaires chaque année en France, et cette fois-ci, c’est Philippe Massé, le président de la commission des titres d’ingénieur qui en remet une couche.

Interrogé sur le blog d’Olivier Rollot, ancien journaliste au Monde et spécialiste de l’enseignement supérieur, Philippe Massé s’inquiète pour l’avenir. S’il souligne l’adéquation actuelle entre l’offre et la demande dans un contexte difficile, il s’interroge également :  

« Maintenant que se passera-t-il quand l’économie redémarrera ? On va fatalement manquer d’ingénieurs alors qu’il faut au moins trois ans pour en diplômer de nouveaux. Nous entrons là dans une équation économique difficile à résoudre ».

Difficile, elle l’est, surtout que personne n’est vraiment capable de se prononcer sur une reprise éventuelle. Car même si les écoles d’ingénieurs forment davantage aujourd’hui qu’hier ( les 208 écoles privés et publiques diplôment de plus en plus d'ingénieurs : 31.000 chaque année, soit plus du double qu'il y a 20 ans), cela ne suffira pas à endiguer la demande. 

Alors que faire ? "Produire" plus d’ingénieurs ? Pour cela, il faudrait que de nouveaux établissements privés (déjà 25 % des effectifs totaux) voient le jour, car dans le public l’argent manque.

« Il faudrait permettre aux écoles d’avoir des dotations publiques en hausse en fonction de leurs capacités à placer leurs diplômés sur le marché du travail » propose Massé. Une sorte de prime à la qualité qui, dans cette course à la quantité, nous semble compliquée à mettre en place…

Bref, la sonnette d’alarme est lancée une nouvelle fois, et à lecture du reste du papier, c’est à nous de jouer les Cassandre de service. Massé estime qu’il faut améliorer le niveau de langues des élèves ingé' ? Surtout pas ! Quand on regarde ce qui se passe en Allemagne, (pour la troisième année consécutive, les salaires réels y ont augmenté de 0,6 %), on se dit qu’il est quand même mieux que la France soit Navarre en étudiants doués pour la langue de Goethe !

Sinon, bonjour l’exode…

 

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Etes-vous riche ou pauvre ?

Publié le par Le blog des cadres du BTP

dvd-le-riche-et-le-pauvre.jpgBon, c'est vendredi, jour du poisson et des questions existentielles. Aujourd’hui, nous ne vous en poserons qu'une sole (poisson-question-humour breton) : êtes-vous riche ou pauvre ? 

Evidemment, nous ne parlons pas ici de votre richesse intérieure qui doit être incommensurable, étant donné vous venez sur ce blog...

Non, nous parlons évidemment gros sous et salaires.

L'Observatoire des Inégalités a développé, il y a quelques temps déjà, un outil qui permet à chacun de se situer sur l'échelle de richesse à partir de son salaire. Il vient d'être actualisé avec les chiffres 2010 de l'INSEE

Essayez-le

Voici quelques infos à retenir pour le cru 2010 : la moitié des salariés touchaient moins de  1 673 euro.

 Le seuil des 1 % des salariés les mieux payés se situait à 7 660 euros, mais parmi les 0,5 ou 0,1 % les mieux payés, les sommes  sont très nettement supérieures.

A l’opposé, la moitié des salariés touchent moins de 1 673 euros nets mensuels et 30 % moins de 1 395 euros. 

Evidemment, les ingénieurs sont particulièrement bien lôtis. En 2011, leur salaire moyen annuel était de 67 191 €, que l'on arrondira à 5600 euros par mois. Les ingénieurs gagnent donc davantage que 97 % des salariés français.   

Les ingénieurs sont-ils riches pour autant ? Selon un récent sondage Ifop pour les Echos, les Français estiment qu'il faut en moyenne gagner 6500 euros nets par mois pour être riche.

Encore un petit effort les gars...

D'ailleurs, si vous aussi vous voulez des postes de riches niches intéressants à tout point de vue, venez nous voir ! Si on peut rendre service...



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Concours Alpha : 900 places en écoles d'ingénieurs à pourvoir

Publié le par Le blog des cadres du BTP

gabaritlactu.jpgVous êtes étudiant en terminale S et, entre deux maximes de Schopenhauer et trois lancers de javelot, vous rêvez déjà d'intégrer une école d'ingénieur. On vous comprend. Pour cela, il ne reste plus qu'à foncer sur le portail APB : les procédures d’Admission Post Bac (APB), ouvertes depuis quelques semaines, permettent cette année de choisir le Concours Alpha. 

Concours Alpha, kezako ? Il s'agit d'un concours organisé par sept écoles d'ingénieurs (L’EBI, l’EFREI, l’ESIEA, l’ESIGETEL, l’ESITC Caen, l’Esitpa et 3iL) soucieuses de mutualiser leur recrutement.

900 places sont offertes. Une bonne raison de tenter sa chance, d'autant que la spécificité du Concours Alpha est de prendre en compte la difficulté du choix d'orientation à 18 ans (suite à ce concours, les lauréats auront la possibilité de changer d'école en cours de première année s'ils le souhaitent). Misant sur la proximité et l’accessibilité, le concours donne une place importante à l’entretien de motivation.

D'ailleurs, ce concours détient une formule quasi magique : un concours, un seul vœu APB (sur les 12 possibles dans la catégorie ingénieur…), MAIS autant d’entretiens que d’écoles choisies pour conforter ses choix. Chaque école faisant son propre classement, le candidat multiplie ainsi ses chances. Elle n'est pas belle la vie ?

Bon, si vous êtes arrivé sur ce blog, c'est que vous vous intéressez un peu au BTP et à la construction (ou alors, vous êtes comme tous ces visiteurs qui, aiguillés par un vieil article du blog relatant les exploits d' Elisabeth Tessier, arrivent chaque jour en se demandant surement ce qu'ils font ici...).

Or, sur les 7 écoles, L'ESITC Caen est le seul établissement spécialisé formant au génie Civil et au BTP. Pensez-y.

Pour mémoire, et au cas ou vous hésitiez encore avec une carrière de cireur de javelot, sur l’ensemble des écoles du concours, 90 % des diplômés en moyenne se voient proposer un emploi dès la sortie. Concernant l'ESITC, l'école annonce sur son site "  Lors de la remise du diplôme, 98 % des diplômés de l’ESITC Caen promotion 2011 étaient déjà en activité professionnelle ou engagés en poursuite d’études. Parmi eux, 83 % étaient en CDI, 11 % en CDD et 6% en VIE".

Alors tentés ?

 

Renseignements pratiques

Pour qui le concours ?

Les candidats de classe de Terminale S (pour l’ensemble des écoles du concours)

Les candidats de classe de Terminale STI2D, STL, STAV, ES (selon les écoles du concours – voir règlement du concours)

Les candidats des lycées étrangers et inscrits à Campus France

 Comment s’inscrire ?

 

20 janvier - 20 mars 2013 :

Inscription au concours sur le portail APB: www.admission-postbac.fr

L’inscription au Concours Alpha compte pour 1 vœu parmi les 12 possibles dans la catégori « Formation d’ingénieurs ». Les 7 écoles sont ainsi classées sous ce vœu unique.

 

23 janvier - 10 avril 2013 :

Inscription aux entretiens des écoles choisies, sur le site du concours :www.concours-alpha.fr

Frais d’inscription

Les frais du Concours Alpha sont identiques quel que soit le nombre d’écoles choisies par le candidat : 90€ pour les élèves issus des Bacs S; 60€ pour les bacs ES, STI2D, STL et STAV; 30€ pour les boursiers, remboursés si ces derniers se présentent à l’ensemble des épreuves du concours.

Procédure 

Le "Concours Alpha" se décompose en trois étapes :

l'étude du dossier scolaire du candidat

les épreuves écrites

les épreuves orales

 Les deux premières étapes sont communes à l'ensemble des écoles du concours. La troisième étape, de l’entretien d’évaluation, est spécifique à chaque école et le candidat sera convoqué par chaque école qu’il a choisie.

Centres d’écrit :

20 centres d’écrits seront ouverts en France métropolitaine, notamment à Caen, Marseille, Nancy, Nantes, Lille, Lyon, Paris Centre, Paris Ouest Cergy, Paris Sud Villejuif, Rouen ainsi qu’à La Réunion, en Nouvelle- Calédonie, en Martinique, en Guadeloupe, et dans plusieurs pays francophones (Maroc, Tunisie, Cameroun, Sénégal)

En savoir plus www.concours-alpha.fr

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Faut-il supprimer les mails professionnels?

Publié le par Le blog des cadres du BTP

Aiga mail invLe monde professionnel est décidément un vrai vivier pour les maladies exotiques. Celles-ci se développent à vitesse grand V : les workaholics tâtent du boulot trop goulûment et les employés souffrant de présentéisme ont la tête ailleurs. Mais ce n’est pas tout. Un troisième fléau est en train de grignoter notre santé : le mailisme.

Pas la peine de se mentir, nous sommes presque tous accros au mail. Et si l’on veut se mentir, les chiffres sont là pour nous rappeler notre triste condition: 

 « Le premier réflexe matinal de connexion des deux tiers des internautes français : ouvrir leur messagerie électronique. 65% consulteraient leurs mails toutes les 5 minutes au cours de la journée. (La Tribune) »

Malgré l’émergence des réseaux sociaux, le mail reste l’outil privilégié sur internet, outil  dont nous abusons sans vergogne mais pas sans regret. Selon un sondage Ifop réalisé pour Psychologies Magazine, 59% des Français se sentent déjà dépendants.

Les psys montent au créneau face à cette  «emprise préoccupante sur nos vies»: «l'usage abusif d'écrans induit une hypersollicitation permanente, source de stress et de fatigue. Il nous prive du temps de repos, de réflexion et de présence au monde indispensables au bien-être et au bien-penser. »

Il faut avouer que les chiffres font peur : aujourd’hui, un professionnel reçoit et envoie en moyenne 110 e-mails par jour. Il vérifie sa boîte de réception une vingtaine de fois par jour et ça lui prend 2h dans sa journée. Un manager passerait 40% de son temps à écrire des e-mails à ses collaborateurs (source: The Hampsters Revolution)

Or, il est prouvé que c’est justement le fait d’être interrompu trop souvent dans sa tâche quotidienne par des e-mails qui rend l’employé moins productif…

Face à ce problème, certaines entreprises aujourd’hui réfléchissent aux solutions éventuelles, avec un idéal parfois évoqué : le zéro-mail.

Mais est-ce bien sérieux ?

Pour pallier au ma(i)l, on parle bcp des réseaux sociaux d’entreprise. IBM ainsi n’hésitait pas à affirmer en 2011 que les RSE allaient remplacer l’e-mail pour 20% des utilisateurs en entreprise en 2014. On y est très loin. Les RSE ne convainquent pas encore : déploiement très long, réticences internes, risques importants, les obstacles sont encore nombreux.

Thierry Breton, l’ancien ministre à la tête du groupe informatique Atos Origin, avait fait sensation, il y a deux ans, en annonçant la mort prochaine de l'email dans son entreprise (80 000 collaborateurs quand même). Il souhaitait le remplacer par des messageries instantanées et une interface de type Facebook avant 2014.

Thierry Breton estimait que, puisque les jeunes (parmi lesquels ses salariés, 35 ans de moyenne d'âge) utilisaient de moins en moins leur messagerie personnelle, le moment était opportun. Bon, en prônant l'abandon de l'e-mail, Atos Origin montrait aussi l'exemple pour commercialiser ses propres solutions. On ne sait pas où en est le projet

D'ailleurs, certaines société surfant sur cette quête, n’hésite pas à utiliser grands moyens et, à notre avis gros sabots. Regarder le témoignage de ce "Monsieur X", accro au mail, et de sa descente aux enfers. Il ferait passer Cosette pour une diva pourrie gâtée...

On laissera finalement le dernier mot à un chercheur spécialisé en technologogie et stress (ça tombe bien !). Cela sonne très juste.

" On peut avoir des doutes sur la viabilité du projet. Les expériences similaires se sont soldées par de redoutables échecs", assure-t-il. Car si décréter l'abandon des emails en interne est relativement facile, "quid des relations avec les clients?" "Les salariés vont continuer à recevoir des messages de l'extérieur qui génèreront fatalement du circuit à l'intérieur de l'entreprise", commente-t-il. 

D'autant que selon lui, l'outil lui-même n'est pas à blâmer, mais plutôt "la spirale de l'immédiateté" qui dicte sa loi dans les entreprises, et plus largement dans la société contemporaine. "Quand vous recevez un email, la technologie ne vous pousse pas à y répondre, contrairement à un téléphone qui sonne ou à quelqu'un qui vient vous parler. Et pourtant, tout le monde utilise l'email comme un chat, en y répondant sur le champ alors que l'outil ne fait que créer des opportunités"

Refuser l'immédiateté du mail, en voilà une idée... Vous vous sentez prêts ?

 

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