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Les PPP font de la résistance

Publié le par Le blog des cadres du BTP

travaux-infraLes PPP font recauser dans les chaumières. Alors que l'on se demandait au lendemain de l'élection de François Hollande ce qu'il adviendrait des partenariats public-privé, ces modes de financement étalé sur 20, 25 ou 30 ans et qui coûtent souvent les yeux de la dette, il semble aujourd'hui que les socialistes aient jeter un voile pudique sur leurs récriminations.

Le système est toujours un brin pervers, les majors du BTP ramassent encore l'argent à l'appel d'offre et ce n'est pas l'épisode de l'hôpital de Corbeil-Essonnes qui va rassurer les foules : l'établissement a annoncé qu'il serait dans l'incapacité de payer son loyer de 46 millions d'euros à Eiffage. Aïe. Heureusement, la trève hivernale arrive bientôt. Les malades ne devraient pas se retrouver sur le trottoir. Conséquence de cette annonce : un décret oblige désormais l’Etat et les hôpitaux à étudier toutes les conséquences financières avant de signer un PPP. Au pays des transfusés, un peu de bon sens ne fait jamais de mal.

Pour autant, de nouveaux projets sortent encore sous label PPP. Le campus de Grenoble et deux prisons. Le gouvernement Ayrault a beau jeu de dire qu'il ne voulait pas plomber des projets bien avancés, cela lui simplifie drôlement la vie car les caisses sont vides.

Les PPP se retrouvent accuser de nombreux maux, mais dans une économie exsangue, il reste encore un moyen, peut-être le seul, de continuer à investir. La lecture de ce papier du monde.fr est à ce titre très éclairant. Aujourd'hui, de nombreux projets d'infrastructures sont menacés par la baisse des financements publics :

"selon un sondage TNS Sofres réalisé en septembre auprès d'un échantillon de 300 maires, 54 % d'entre eux envisagent de différer des projets d'équipement alors même que l'investissement local représente 70 % de l'investissement public".

LGV Rhin-Rhône, LGV Paris-Normandie, le ferroviaire notamment trimballe un wagon de sombres perspectives, n'étaient les trois partenariats public-privé signés avec les sociétés Vinci (Tours-Bordeaux), Eiffage (Bretagne-Pays de la Loire) et Bouygues (Nîmes-Montpellier) et qui eux verront tous le jour.

 De meilleurs systèmes de financement sont surement à trouver, mais pour éviter la paralysie qui guette, il est difficile aujourd'hui de ne pas aller vers les majors du BTP, les seules à meme de lever des fonds et d'assurer des opérations de (très) grande envergure. D'aileurs, pour les élus locaux qui assurent la majorité des financements publics, la question des PPP ne se pose pas. Selon un sondage réalisé en 2011 par l'IFOP, les trois quarts des élus de villes de plus de 10.000 habitants en avaient une bonne opinion...

 

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