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« Merci l’ingé » épisode 15 : du plastique breton à base d'algues

Publié le par Le blog des cadres du BTP

En Bretagne, on n’a pas de pétrole, mais on a des algues. Un ingénieur, Rémy Lucas, vient d’inventer le premier plastique 100 % végétal. Et ça plane déjà pour le plastique breton.

Décidément, les Bretons sont à la pointe, et pas seulement d’Armorique. Après l’entreprise rennaise Alma qui a été intégrée dans le projet Google Glass, un nouveau chapeau rond fait parler de lui ces temps-ci.

Rémy Lucas est ingénieur en plasturgie. Jusqu’ici, pas de quoi fouetter un chat. Sauf qu’il vient de découvrir un secret alchimique extraordinaire, peut-être le plus grand depuis ce jeune ingénieur du Proche-Orient qui avait proposé de changer l’eau en vin :

Rémy Lucas change les algues en plastique.

Après dix ans de recherche années de recherche, début 2013, le Breton a lancé sur le marché Algopack, le premier plastique 100 % algues et totalement biodégradable. On vous donnerait bien la recette, mais celle-ci est aussi secrète que le Coca Cola. Il faut dire que les enjeux sont de taille.

Selon Le Parisien, l’algopack est déjà un succès commercial: " En quelques mois, les contrats se sont multipliés. Le plastique traditionnel se négocie autour de 1 000 euros la tonne, contre 800 euros pour le plastique à base d’algues ".

Et qu’en disent les industriels de la filière classique ? Il relativise, évidemment.

"Ce genre d’innovation n’est intéressante que pour des niches, estime un spécialiste du secteur. En 2012, nous avons produit 288 millions de tonnes de plastique. Ce n’est pas avec des algues qu’on pourra arriver à ce résultat. Nous n’utilisons que 4 % du pétrole consommé chaque année dans le monde. Et il y en aura toujours assez pour produire du plastique".

Vous avez remarqué comme c’est marrant avec le pétrole et les industriels : moins il y en a, plus il y en a.

Néanmoins, ne crions pas cocoricobreizhatao trop tôt car les journaux ont oublié d’évoquer une chose : les algues disparaissent en Bretagne (pas les vertes, certes) et notamment l’algue brune qui rentre dans la composition du plastique « vert ».

Sans que l’on sache vraiment pourquoi.

Certains évoquent le basculement de l’axe moyen de la houle, qui aurait une répercussion directe sur la disparition de certaines algues ; l’exploitation des sites d’ascophylles par les industriels ou encore la prolifération des patelles (le bernique breton), qui se régaleraient des champs d’algues. 

L'entreprise va donc devoir importer ses algues (on n'en trouve pas en profondeur sous l'eau à cause de la lumière)

Parce que si les algues bretonnes devaient complètement disparaître pour cause de production de plastique, avouez que cela ferait mauvais genre...

 

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LUCAS 18/09/2013 21:32

Bonjour,

Je vous remercie pour cet article.
Vous avez raison, si les algues bretonnes devaient disparaitre, cela ferait mauvais genre.

La culture des Algues est une réponse. Algopack milite pour le développement de cette filière sur le territoire.
Bien cordialement.

Rémy LUCAS

Le blog des cadres du BTP 19/09/2013 12:39



C'est un concept extraordinaire. Une vraie réussite pour la Bretagne !