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Quand la CIA s'attaque au réchauffement climatique

Publié le par Le blog des cadres du BTP

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Les Etats-Unis sont en danger, la CIA va devoir frapper. Le nouvel ennemi public numéro un ne vit pas dans la fraicheur d’une grotte : au contraire, cette-fois ci, c’est le réchauffement climatique qui est dans le viseur de l’agence américaine. La CIA s’apprête en effet à financer une étude scientifique qui devra déterminer les moyens de lutter contre le réchauffement climatique via la géo-ingénierie.

Géo-ingénierie ? Pour faire simple, le principe est d’agir sur le climat terrestre pour contrecarrer les effets du réchauffement climatique. Vous en avez forcément déjà entendu parler. Souvenez vous du projet de l’Américain Roger Angel qui voulait consteller l’espace de milliards de petits engins équipés d’un miroir pour réfléchir 1% du rayonnement solaire.

L’idée était sympa, l’addition beaucoup moins : quelques milliers de milliards de dollars pour les miroirs. Un projet trop poli pour être honnête en quelque sorte.

La CIA, qui veille à la sécurité du territoire faut-il le rappeler, va financer une recherche qui se déroulera sur 21 mois. Celle-ci doit poser les bases scientifiques, éthiques et légales, d'une discipline que personne ne maitrise vraiment et qui pourrait avoir des conséquences cataclysmiques.

Certes, des pistes existent déjà. La plus plausible consiste à projeter des particules de soufre en haute atmosphère pour contrer le rayonnement solaire, en suivant le modèle des éruptions volcaniques et des conséquences que l’homme a pu observer (refroidissement temporaire sur certaines zones du globe). Mais cela s’accompagne souvent d’assèchement sur d’autres parties…

Olivier Boucher, météorologue interrogé par Rue 89 s’interroge d’ailleurs sur l’intérêt même de la géo-ingénierie :

« Avec ces techniques, on ne fait que masquer le réchauffement. Selon certains calculs, il ne faudrait que dix ans d’arrêt pour que la température globale redevienne ce qu’elle aurait du être, sans l’intervention de la géo-ingénierie. »

Cela laisse songeur. Néanmoins, nous n’allons pas ici discuter réduction Co2. Ce serait trop long.

En revanche, une question nous turlupine : pourquoi les Etats-Unis envoie-t-il leur meilleure agence sur le front climatique ?

L’Oncle Sam perçoit-il mieux désormais la réalité, après avoir longtemps porté ses œillères républicaines ?  Voici un extrait d’une note de l’ambassade de France aux USA, particulièrement éclairante :

« Au cours des dernières années, les évènements climatiques extrêmes se sont multipliés et le pays a connu des tempêtes, des sécheresses et des températures extrêmement élevées (la température annuelle aux Etats-Unis a augmenté de 0,8°C au cours du siècle dernier) »

Rien de nouveau sous le soleil brûlant nous direz-vous, sauf qu’attendez la suite :

« Ces catastrophes ont parfois causé l'interruption de l'approvisionnement en électricité et en carburant pendant plusieurs jours pour des millions de personnes. En effet, les infrastructures du secteur énergétique américain sont relativement vulnérables.

Le rapport (le rapport "U.S. Energy Sector Vulnerabilities to Climate Change and Extreme Weather", sur l'état de vulnérabilité des infrastructures américaines pour l'énergie et l'électricité a été publié le 11 juillet) montre que 60% des centrales à charbon sont situées dans des zones où l'eau devient rare, alors que d'importantes quantités d'eau sont nécessaires pour les refroidir.

A l'inverse, de nombreuses infrastructures sont situées sur les côtes et sont donc très vulnérables à l'élévation du niveau des mers ainsi qu'aux tempêtes.

Par ailleurs, les sécheresses et la fonte des glaces limitent de plus en plus les capacités de production d'électricité de certaines centrales hydroélectriques.

Dans le même temps, l'intensification des vagues de chaleur va conduire à des pics de consommation d'électricité (pour la climatisation) de plus en plus fréquents, auxquels les installations existantes ne seront pas capables de répondre. Le laboratoire national Argonne estime que 34 GW de capacité de production d'électricité supplémentaire seront nécessaires pour les Etats-Unis d'ici 2050 pour faire face à l'augmentation des températures ».

(34 GW, c’est quand même la moitié de la puissance installée en France…)

Bref, ça chauffe sevère aux states et c'est sans doute pour cela que tout le monde est désormais concerné.

La contribution de la CIA servira-t-elle la cause climatique ? La suite au prochain épisode…

 

Crédit photo : DR

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