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Réforme du marché du travail : les seniors en seront-ils de leur poche ?

Publié le par Le blog des cadres du BTP

 

file000971208789.jpgAprès des semaines d’âpres négociations, la réforme du marché du travail a débouché sur un accord vendredi. Entre taxation des contrats-courts et flexibilité accrue pour les licenciements économiques, l’accord dépoussière sévère.

 

A y regarder de plus près, il y a une catégorie de travailleurs qui peut s’inquiéter de la réforme : les seniors.

 

On s’explique : l’une des mesures phares de l’accord concerne les baisses de salaires négociées en échange du maintien de l’emploi. En cas de difficulté, une entreprise peut conclure avec les syndicats un accord sur 2 ans maximum prévoyant une baisse de salaire et/ou une augmentation du temps de travail en échange du maintien de l'emploi.

 

Or, quelles sont les personnes dans l’entreprise qui forment la cible idéale ? Qui sont les gros salaires qui vont devoir lever le doigt en cas de baisse imposée ? Les seniors, évidemment.

 

Un papier récent du Monde est venu nous rappeler cette réalité. L’article évoquait la demotie, néologisme néerlandais et concept impliquant la baisse de salaire volontaire.

 

La filiale néerlandaise du géant français Capgemini a ainsi invité 400 salariés âgés à accepter une baisse de leur salaire, sous peine de licenciement. Motif : "La différence entre la valeur de certains (des) collaborateurs sur le marché et leur salaire est trop grande". Et le risque de n’embaucher que des jeunes flexibles pèse, dès lors, telle une épée de Damoclès au dessus des têtes grises qui vont y penser à deux fois avant de se rebeller...

 

"La diminution de salaire des seniors pourrait atteindre 10 %. S'ils l'acceptent, ils obtiendront la garantie de conserver leur contrat et bénéficieront de formations destinées à améliorer leur "employabilité". Les dirigeants doivent se dire que 10 %, c'est quand même pas l'Amstel à boire...

 

Or, comme il est précisé dans le papier  "L'écart moyen entre le début et la fin de carrière est de 17% aux Pays-Bas, contre 10% en Suède et en Allemagne, mais... de 20% en France" (on pourrait même de dire de 20 à 30 %).

 

Et oui, après 45 ans, les salaires moyens augmentent plus vite en France que dans la plupart des autres pays. "La différence est encore plus nette après 55 ans. Par rapport aux 30-39 ans, le gain salarial des quinquagénaires hommes est par exemple près de deux fois plus élevé en France qu’aux États-Unis" rapportait une étude de l'INSEE il y a quelque temps déjà.

 

Alors, trop payé les seniors ?

 

La même étude tempérait : " Leur employabilité n’en est pas pour autant altérée : dans les établissements où l’écart relatif de salaire est le plus élevé, les seniors sont plus nombreux et ne sortent pas plus souvent de l’emploi. Ainsi, il convient de relativiser l’idée que les salaires des seniors seraient l’obstacle majeur à leur emploi : ces salaires plus élevés reflètent, en partie, une productivité plus grande. Néanmoins, le coût salarial peut poser problème pour les moins qualifiés des seniors et les plus de 55 ans. Les établissements emploient d’autant moins ces salariés que leur salaire relatif est élevé. Après 55 ans, le rapport productivité/salaire semble diminuer même si ce n’est pas de manière significative"

 

On saura très vite si les seniors vont payer les pots cassés : Renault a engagé une négociation sociale pour moduler les salaires et le temps de travail dans ses usines françaises, contre la promesse de n'en fermer aucune pendant la durée de cet accord...

 

 

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